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23 giugno

05 - Alex

   Tout en prenant un café, nous parlâmes de tout et de rien, comme les amis savent si bien le faire : des vacances, jusqu'aux attentes en passant bien sûr par l'évoquation de souvenirs relatifs à l'année dernière... c'est ce qu'on appelle ratisser large en peu de temps :
 
"Au fait, demandai-je, tu as trouvé quelqu'un pour partager ta piaule ?
- Non justement ! répondit Romain en vitesse, je devrais peut être me dépécher si je ne veux pas dormir le reste de l'année dans les couloirs !
- Arrête un peu ! Moi j'ai ma chambre, mais je n'ai pas encore trouvé de personne avec qui je pourais la partager ! Ca te dirais de remettre ça ? C'était le bon temps hein, l'année dernière, ajoutai-je un brin nostalgique.
- Un peu que ça me dirais ouais ! Ca me ferait plaisir, vraiment !
- Ok et bien alors ça marche ! Si tu as tes affaire, on a qu'à y aller direct. Comme ça moi j'en profiterais pour ranger ce qui me reste."
 
Sans ajouter autre chose, nous nous rendîmes à notre nouvelle chambre : plus qu'une simple piaule, cette chambre était pour les étudiants un petit "chez soi", un véritable lieu de vie.
Tandis que Romain vidait son sac par terre avec contentement, je m'assis sur le lit avec lourdeur et demandai avec des yeux scrutant un vague imaginaire :
 
"Et les amours ?
- Alex, de quoi tu me parles ? demanda Romain en se tournant vers moi, l'air visiblement agacé.
- Heu... quoi ? De quoi je parle ? réussis-je ajouter dans un effort d'attention.
- Oui, de quoi tu parles ? Enfin, je veux dire tu me l'as déjà demandé 3 fois ! Bon deux fois encore ça passe mais 3 tu déconnes merde ! Je te l'ai déjà dit et je te le répète, j'ai eu une petite amie durant les vacances, Elodie, ça a duré 3 semaines, pas de quoi en faire toute une histoire quoi ! En fait, ajouta-t-il après quelques secondes de reflexion, j'ai l'impression que tu t'en contre-fou de mes histoires de coeur... alors si tu veux me dire quelque chose, dis le cash et ne tourne pas autour du pot s'il te plait !
- Non, mais je n'ai rien à dire vraiment... dis-je avec un air me semble-t-il, peu convaicant. - j'étais du genre difficile à passer aux aveux, même si je le voulais -
- Maëna, dit-il simplement en rangeant un jean dans l'armoire du fond."
 
Je ne répondis rien. Il hésita un instant puis s'assit à mes côtés :
 
"Tu l'as toujours pas oublié depuis la fête étudiante c'est ça hein ?
- J'ai bien peur que non, répondis-je tête baissée comme si j'avais fait une vilaine bêtise.
- Et bien, je vois qu'une solution. Va lui parler. Explique toi avec elle, parlez en ! Essayez de clarifier la situation et si tu vois que ça peut pas coller entre vous, oublie là, trouve toi une jolie étudiante et basta !
- Tout à l'air si simple avec toi, dis-je en souriant timidement, désabusé.
- Mais tout est simple, dit-il gravement comme s'il venait de conclure la thèse du siècle. Allez, essaye de ne pas y penser, tu rumines pour rien, tu verras tout ça demain ! Ca te dit de faire une partie d'échec ? Histoire de te rattraper de la claque que je t'ai mise en fin d'année hein ?
- Quoi ? Non mais tu déconnes ! m'exclamai-je en riant, t'as la mémoire courte mon pote, je t'avais complétement éclaté la dernière fois qu'on a joué !"
 
Il me bouscula mesquinement d'un air de défit : nous chautâmes comme des gosses sur le lit en se tappant avec les coussins qui trainaient - qui a dit que les hommes étaient de grands enfants ? - avant de jouer cette fameuse partie d'échec, souvenir de l'année passée.
 
 
21 giugno

04 - Maëna

 
Pleine d'espoir, je fis un petit détour jusqu'aux listes des classes, avant de retrouver Lisa à la cafèt', afin de constater que j'étais dans la classe n°2, Alex dans la n°3. Je sentis soudainement mon coeur se serrer, une petite boule naître dans mes tripes et venir se coincer dans ma gorge. Notre baiser n'aurait donc jamais de suite, nous aurons deux quotidiens différents, nous ne partagerons plus rien ensemble, nous nous croiserons dans les couloirs mais sans s'adresser la parole, sans que j'ose même lui esquisser un sourire. Comme deux inconnus.
Mais pourquoi accordais-je tant d'importance à ce garçon, à ces deux baisers dérisoires échangés lors d'une quelconque fête étudiante ? Pourquoi ressentais-je encore la chaleur de ses mains sur ma peau ? Pourquoi avais-je refusé d'aller plus loin alors que j'en mourrais d'envie ? Maintenant, je m'en mordais les doigts... Une telle occasion ne se reproduira jamais... J'avais tellement besoin de lui.
L'annonce des classes fut surement la goute d'eau qui fit déborder mon vase de regrets et de déceptions, puisque celui-ci commençait à se déverser sur mes joues tristes.
Quand j'entendis des filles s'exclamer :
- " Ah, t'as vu, cette année les classes sont mélangées pour les cours de psycho sociale et de neurosciences ! "
Je me sentis si ridicule tout d'un coup, à pleurer face à un tableau d'affichage pour un homme que je ne connaissais à peine. Alors, à nouveau pleine d'espoir, je m'essuyai discrètement les yeux à l'aide d'un mouchoir flétri et cherchai les groupes issus de la mixtion des classes. Nous étions ensemble. La boule qui m'empêchai de parler disparut aussitôt, je serai dans la même pièce que lui quatre fois par semaine durant exactement 38 semaines. Cette nouvelle me remplissait de joie, bien que je craignais l'attention que je porterai à Mr Richard et à Mme Le Sage, respectivement professeurs de neurosciences et de psychologie sociale.
 
Je repensais à ma "rencontre" avec Alex. J'aurai dû lui dire quelque chose ! Mais quoi ? " Coucou Alex, j'm'en veux d'avoir esquivé tes avances, j'suis à toi quand tu veux et où tu veux ! " ? Non, bien sûr que non.
 
De retour dans ma chambre extrèmement vide, je remarquais qu'il me manquait ma brosse à dents. Moi qui déteste me coucher sans me les être lavées ! J'entrepris donc d'aller en trouvé une dans les chambres voisines. Je commençai par celle d'en face. Elle était toujours vide d'habitude car on ne peut y loger qu'une personne. Tout le monde à part moi préfère les chambres à partager avec un ou deux autre étudiants. D'ailleurs je me demandai comment je pourrai trouver une brosse à dent dans une chambre inhabitée, mais j'y entrai tout de même. Persuadée de n'y trouver personne, j'ouvris la porte sans frapper, et eus un sursaut de surprise en y découvrant un jeune homme, étendu sur son lit, les mains sous sa tête.
 
20 giugno

03 - Mathieu

L’horloge du métro indique dix-huit heures. 

J’essayai de me faufiler parmi la foule des voyageurs pressés. Un sac à dos lancé négligemment sur mon épaule gauche, j’empruntai plusieurs escaliers pour déboucher enfin à l’air libre.

J’étais à Paris ! Une ville qui m’était complètement inconnue. La perspective de me retrouver complètement seul dans cette grande ville ne m’enchantait guère. Au moins, il y aura du changement dans ma vie !

Je pris le bus en direction de Saint Denis et descendis à l’arrêt près de l’université. Des étudiants allaient et venaient de toute part.

Un peu gêné d’être rabaissé au rang de « petit nouveau » alors que je ne suis pas en première année, j’interpellai une jeune fille brune qui distribuait des prospectus.

 

- « Excuse-moi ...

- Oui ? Répondit-elle en souriant.

- Je voudrais savoir où se trouve l’administration pour toutes les histoires de paperasses, de classe...? Je suis nouveau, ajoutai-je un brin rougissant.

- Hum... Tu vas dans le bâtiment B, celui qui est à l’opposé de celui-ci, tu rentres dans le hall et sur ta droite tu vas trouver l’administration. Tu ne peux pas la rater !

- Merci beaucoup ! »

 

Je suivi ses indications. Arrivé là-bas, je réglai tous les petits détails et pris connaissance des classes. On m’avait mis dans la classe numéro deux et les cours commençaient demain matin.

J’aurai sûrement plus de chance de me faire des connaissances demain que ce soir avec la pauvre chambre de solitaire qu’on m’avait attribué.

Bien sur, il a fallut que je tombe sur l'une des seules chambres qui loge qu’une seule personne alors que les autres sont à plusieurs !

 

J’enfonçai la clef dans la serrure et pénétrai dans mon nouveau chez-moi.  Le confort y était très minimal : un lit, un grand placard vide et sur le mur un pauvre poster de Jonhy Hallyday à moitié déchiré que j’allais d’ailleurs très vite achever.

Je balançai mes affaires dans le placard et m’étendit sur mon lit les mains sous ma tête.

Vivement demain !

02 - Alex

 **  Je ne sais pas exactement pourquoi je ne me défis pas de cette étreinte imposée par ce type, ce Paul. Tout s'était passé si vite et si brutalement que, une fois que mes lèvres eurent rencontrées les siennes, je n'eu pas le réflexe de m'éloigner. Peut-être que je ne voulais pas aussi, peut être que je l'observais depuis quelques minutes déjà... peut être aussi que j'avais follement envie de l'embrasser - sans donner aucune raison à cela - et que Paul m'avait bien arrangé quand il nous avait fait tomber dans les bras l'un de l'autre.
  Le baiser prit une tournure inatendue : à la fois passionné, fougueux, mais aussi étrangement délicat. Je me surpris même à seulement effleurer ses lèvres certaines fois - comme si j'avais peur de tout brusquer, de tout briser. Je m'aidais d'une de mes mains sur sa joue pour séparer ses lèvres des miennes. Nous nous regardâmes, -proches, trop proches  ; surpris, chamboulés, presque émus. J'entendais déjà Lisa et Thomas derrière moi s'exclamer en coeur d'un rire clair :
" Je crois que je vais vous laisser !"
Une fois qu'ils furent partis, elle s'approcha doucement pour m'embrasser une nouvelle fois. Je ne contesta pas le geste et glissa délicatement une main sous son chandail alors que l'autre se perdait dans ses cheveux.
 Emporté par la magie de cette rencontre, je m'entendis  lui demander si elle voulait aller ailleurs, dans ma chambre peut être. Je regrettai aussitôt mes paroles : elle me regarda, anxieuse, comme si elle venait de se rendre compte de ce que nous venions de faire et de réaliser que mes paroles avaient l'allure de propositions éloquentes. Elle murmura des excuses, l'air soudain pommé puis me planta là, au milieu de la pièce. Je n'eu pas la force de la retenir, abasourdi par sa réaction et par ma propre proposition. **
 
** Fin Du Flash-Back **
 
   Elle se trouvait à quelques mètres de moi mais je feignis de ne pas la voir. Je me rappella des moindres détails de cette scène, l'ayant ressasser sans relâche pendant l'été sans trouver de fin convenable à cette aventure. J'aurais voulu m'approcher mais pour lui dire quoi ? "Salut Maëna, si on remettait ça ?". Non, bien sûr que non. Pourtant, ce n'était pas l'envie qui m'en manquait.
  La peur. Ma propre peur mais encore plus celle de sa réaction. Je n'avais eu aucune nouvelle d'elle durant l'été. Mon seul souvenirs ? Ce baiser dérisoire durant la fête étudiante et moi, rester planté au milieu de la fête, quand elle avait décidé de se faire la belle.
   Je sortis de ma rêverie quand quelqu'un me frappa vigoureusement dans le dos :
"Hey, salut toi ! Alors te voila de retour ?"
   C'était Paul.
"Eh bien oui... comme tu le vois ! répondis-je joyeusement en lui serrant la main.
- Tu as déjà installer ta piaule ?
- Ouais vite fait, j'ai rangé le plus gros, on verra le reste demain ! Au fait, tu sais où sont affichés les emplois du temps ?
- Oui, ils sont là-bas, viens, je vais te montrer !"
Je le suivis dans les couloirs qui m'étaient maintenant parfaitement familiers, lorsqu'on s'arrêta devant un mur encombré d'affiches. Je retrouvai rapidement mon nom parmis les élèves de la classe n°3 alors que je cherchais despérement le nom d'une certaine jeune fille que je découvris dans la n°2. Soulagement ou déception ? Je ne saurai dire. Un rapide coup d'oeil sur l'emploi du temps général où j'appris que je partageai quelques cours et études avec Maëna : notemment avec un certain monsieur Richard et Madame Le Sage.
"Alors, tu as trouvé ce que tu cherchais ?
- Oui. Je suis dans la classe 3 et toi ?
- La 1. Tant mieux, je t'aurais pas sur le dos comme ça !"
  Je ris pour la forme - après tout ce n'était pas un de mes grands amis - et inventa une excuse bidon pour m'eclipser. Je rencontra Romain, un bon ami à moi qui m'invita à boire un café. J'acceptai aussi vite.
  En chemin, je croisa un type avec un sac à dos, qui me semble-t-il, avait l'air un peu perdu : il me rappella mon premier jour ici. Il faut dire que l'université Saint Denis avait l'allure d'un labyrinthe comme si les constructeurs dans un élan de sadisme, avaient prévu de "pommer" les nouveaux.
 
 

01- Maëna

 

              Mes valises à la main, me voilà de retour à la cité universitaire de St Denis, dans le VIIIème arrondissement de Paris. Rien a vraiment changé durant ces trois mois de vacances, si ce n’est l’arrivée de nouveaux étudiants et le départ de ceux ayant obtenu leur licence. Si tout se passe bien pour moi, c’est ma dernière année ici car j’espère décrocher ce diplôme de psychologie tant convoité ! Mais je crois que je regretterai la vie que l’on mène ici quand on est étudiant et que l’on a 21 ans.

C’est donc avec plaisir que je retrouvai ma petite chambre et que je m’apprêtai à entamer cette nouvelle année scolaire.

Quel plaisir de revoir tous ces visages connus, ces personnes qui ne sont que connaissances mais qui font partie de notre quotidien et à qui l’on tient davantage que l’on pense ! Mais ce jour-là n’était pas vraiment approprié pour les aborder, tout le monde étant affairé à l’aménagement de sa petite pièce. Cependant, je me dirigai vers la chambre de Lisa, une bonne amie de sociologie, que je trouvai le nez dans ses affaires et entourée d’étonnant bazar !

 - "  Salut Lisa ! Toujours aussi désordonnée à ce que je vois !, dis-je en souriant.

- Ah, Maëna ! Mais non, tu exagères, c’est presque rangé ! protesta-t-elle  Et toi, t’en es où ?

- J’ai installé ma lampe, ma housse de couette, mes vêtements dans l’armoire et j’ai fini. Le reste, on verra ça plus tard !

- Ah d’accord, je comprends pourquoi tu es toujours plus rapide que les autres, répondit-elle en riant, particulièrement perspicace.

- Bon je ne vais pas t’embêter plus longtemps, t’as du pain sur la planche comme on dit ! On se retrouve à la cafèt’ ?

- Ok ! A tout à l’heure ! "

 Dans le labyrinthe, maintenant apprivoisé, qui me mène jusqu'à ma chambre, je remarquai dans un sourire que les murs des couloirs que l'on avait joliment décoré de papier WC rose en fin d'année dernière, étaient redevenus blancs comme neige... Avec le recul, je n'étais plus très fière de mon acte, c'était digne d'un gamin de 8 ans, or j'en ai 21 ! Enfin oui mais bon, c'était la fête, c'était notre dernière nuit ici avant de tous se quitter, et puis j'étais pas toute seule, et puis...

 Alex.

 Perdue dans mes souvenirs, je ne l'avais pas vu arriver. Il se trouvait à quelques mètres de moi mais ne semblait pas me prêter attention. Mon regard se détourna et je repris mes esprits.

Cependant, je ne pouvais oublier ce qu'il c'était passé l'année dernière...

Nous étions tous deux invités à cette banale fête étudiante, c'est à dire bien arrosée. Pourtant, nous étions en train de discuter sobrement en compagnie de Lisa et Thomas, un de mes meilleurs amis malheureusement parti à Lille cette année. Quand arriva, Paul, complètement bourré, titubant, dans le coaltar, comme on dit vulgairement.

 "- Bah alors, c'est quoi ça ? Une petite réunion à quatre ? Deux petits couples échangistes ! Oh comme c'est mignon !! Le bisou, le bisou, le bisou... ! "

 Ses gestes accompagnant sa parole, il s'avança vers Alex et moi et rapprocha brusquement nos deux têtes de manière à ce que nos bouches se touchent. Mais quand Paul relacha la pression qu'il excerçait sur nos deux nuques, nos lèvres ne se détachèrent pas et nous offrirent à Lisa, Thomas et Paul le spectacle étonnant d'un long baiser fougueux...